Comment comprendre les “non-dits” en entreprise (sans devenir parano)
Quand tu arrives en stage ou en alternance, on ne te donne pas seulement un badge, un ordinateur et un mot de passe trop compliqué. On te donne aussi… un langage secret. Un système de signaux, de sous-entendus, de silences, de regards ; bref, les non-dits.
Et soyons honnêtes, les non-dits en entreprise, c’est un peu comme un escape game. Si tu comprends les indices → tu t’en sors. Si tu ne les vois pas → tu te risques de te retrouver à faire un truc qui n’était pas DU TOUT prévu.
Bonne nouvelle : tu peux apprendre à décoder ces signaux, sans devenir parano, sans analyser chaque respiration et surtout sans t’imaginer des dramas qui n’existent pas.
Voici ton guide EJ des coulisses du monde pro. Simple, fun, zéro interprétation toxique.
1. Le secret : observer avant d’interpréter
On t’a peut-être dit en mode “premier conseil d’entreprise” : “Regarde comment ça fonctionne avant d’agir.” C’est vrai. Mais pourquoi ?
Parce qu’en entreprise, beaucoup de choses ne sont pas dites explicitement :
- les personnes influentes,
- les tensions d’il y a 6 mois (dont personne ne parle),
- les habitudes d’équipe,
- les sujets sensibles,
- les trucs qui se font… et ceux qui ne se font pas.
Tu ne peux pas deviner tout ça tout de suite. Donc tu observes. Pas comme un détective, hein : juste avec attention.
Ce que tu vas remarquer :
- 👉 qui parle à qui,
- 👉 qui coupe qui,
- 👉 qui demande conseil à qui,
- 👉 qui est souvent consulté,
- 👉 qui prend des décisions… sans que ce soit écrit nulle part.
Ça te donne déjà une carte du terrain.
2. Apprends la règle d’or : un non-dit n’est pas forcément un problème
Tu vas croiser 3 types de non-dits :
- ✔ ceux qui ne sont pas graves
(genre : tout le monde sait que Paul adore les croissants, mais personne n’en parle) - ✔ ceux qui sont juste… des habitudes
(comme “on n’envoie pas de mails après 18h” alors que ce n’est écrit nulle part) - ✔ ceux qui sont sensibles
(des projets passés, un changement d’équipe, un départ récent…)
Tu n’as pas besoin d’avoir les détails. Tu as juste besoin de :
- respecter l’ambiance,
- éviter d’appuyer où ça fait mal,
- comprendre ce qu’il vaut mieux faire… ou ne pas faire.
Ton objectif : t’adapter, pas devenir expert en ragots.
3. Le pouvoir des micro-phrases (et comment les traduire)
En entreprise, il existe des phrases… qui veulent dire autre chose.
Petit lexique EJ pour t’aider :
- 👉 “On verra ça plus tard.”
Souvent = on ne le fera pas.
Parfois = on attend un OK de quelqu’un. - 👉 “Hum… Intéressant.”
Peut vouloir dire :- intéressant,
- pas sûr,
- continue d’explorer,
- ou… on passe à autre chose.
- 👉 “C’est un sujet sensible.”
→ On évite d’en parler à voix haute.
→ On attend que tu sois un peu plus vieux dans l’équipe. - 👉 “On a déjà eu cette discussion.”
→ Il existe un contexte que tu n’as pas, mais c’est normal.
La clé : ne pas surinterpréter, mais ne pas ignorer non plus. Tu prends note mentalement, tu observes encore, tu ajustes.
4. Comment poser la bonne question… sans mettre les pieds dans le plat
Tu veux comprendre quelque chose, mais tu ne veux pas être maladroit ?
Utilise la méthode douce :
- ✔ 1) La question ouverte neutre
“Comment ça se passe généralement pour ce type de sujet ?” - ✔ 2) La question sur les habitudes
“L’équipe préfère faire comment dans ce cas-là ?” - ✔ 3) La version ultra-pro
“Je veux être sûr d’être aligné·e : tu peux m’expliquer ce que vous attendez ici ?”
Tu montres :
- que tu veux bien faire,
- que tu respectes l’équipe,
- et que tu n’es pas en mode “je pose une question qui rallume un conflit de 2017”.
5. Ton meilleur allié : la personne sympa de l’équipe
Dans chaque équipe, il y a quelqu’un qui :
- parle gentiment,
- connaît l’historique,
- est OK pour aider,
- prend le temps d’expliquer le fonctionnement interne.
Identifie cette personne. Pas pour faire du favoritisme, mais parce qu’elle peut te donner les clés du terrain.
Exemple : “Je découvre encore l’organisation ici, si un jour tu as 5 minutes pour me briefer sur les habitudes ou les codes de l’équipe, je prends !”
C’est discret, humble, pro — et très efficace.
6. Les signaux à observer… sans tomber dans la parano
Tu ne dois pas voir des tensions partout. Mais il y a des signaux utiles à capter :
- ✔ Les sujets où les gens deviennent vagues
→ ce n’est pas contre toi, c’est juste un terrain délicat - ✔ Les réunions “off” où tu n’es pas convié
→ normal, pas un complot (chaque entreprise a ses niveaux d’info) - ✔ Les personnes qu’on consulte avant une décision
→ bonnes à repérer, ce sont souvent des référents - ✔ Les moments où tout le monde s’active soudain
→ souvent signe d’une deadline ou d’un enjeu interne
Tu perçois, tu ajustes, tu restes chill. C’est un équilibre.
7. Et surtout : ne cherche pas à “tout comprendre”
Quand tu es étudiant, tu vois une équipe… mais tu ne connais pas :
- les années d’historique,
- les projets passés,
- les réussites,
- les tensions,
- les enjeux politiques,
- les changements orga…
Et c’est normal : tu viens d’arriver et tu n’as pas l’historique, mais tu n’as pas besoin de tout ça pour faire ton boulot.
Ton rôle :
- comprendre suffisamment pour t’intégrer
- capter les signaux de base
- éviter les maladresses
- contribuer sereinement
Pas besoin d’être Sherlock Holmes. Juste d’être observateur et ouvert.
Conclusion : comprendre les non-dits, c’est une compétence… pas un stress
Tu n’as pas besoin :
- ❌ d’être extraverti
- ❌ de tout savoir
- ❌ d’interpréter chaque phrase
- ❌ de décoder les secrets de 2012 à nos jours
Tu dois juste :
- 👉 observer
- 👉 poser les bonnes questions
- 👉 repérer les habitudes
- 👉 rester discret quand il le faut
- 👉 être pro, humain, curieux
Et tu verras : au bout de 2 à 3 semaines, tu commenceras à comprendre ce qui se passe “entre les lignes”. Pas parce que tu lis dans les pensées… Mais parce que tu as appris à lire l’équipe, simplement.
